Qu’est-ce que la Gestalt-thérapie ?

Vous êtes confronté.e à des difficultés relationnelles ou professionnelles ? Vous avez l’impression de passer à côté de quelque chose dans votre vie, d’être bloqué.e dans des schémas répétitifs ? Vous êtes déconnecté.e de vos émotions, ou bien au contraire elles vous envahissent ? La Gestalt-thérapie peut vous aider à être plus aligné.e, plus incarné.e, et à trouver du sens à votre existence.



La Gestalt-thérapie voit le jour aux Etats-Unis dans les années 1950. En partie inspirée par la psychanalyse, elle en rejette néanmoins de nombreux éléments qu’elle trouve normatifs, dogmatiques et conservateurs, et se développe en trouvant de nombreux appuis dans la philosophie (existentialisme, phénoménologie, herméneutique…) mais aussi dans la science (gestalt-psychologie, théorie de l’attachement, neurosciences affectives). Ce n’est pas facile d’en parler avec des mots simples, et deux praticiens ne vous en parleront pas de la même manière ! Mais je peux vous en dire ce qui est important pour moi. 

Une thérapie du contact

La Gestalt-thérapie repose sur un constat simple : l’être humain est indissociable de son environnement. Jusque-là, rien de bien neuf ! Mais l’originalité de la Gestalt réside dans la radicalité avec laquelle elle s’empare de cette idée : notre interaction avec notre environnement constitue le coeur, et même la totalité de notre expérience. Comment sommes-nous en contact avec le monde autour de nous ? C’est ce que la Gestalt se propose d’explorer.

Dans l’idéal, ce mode de contact est souple : nous sommes capables de nous adapter créativement à chaque nouvelle situation, en prenant dans l’environnement ce dont nous avons besoin et en y laissant ce qui ne nous est pas nécessaire : c’est ce que la Gestalt appelle l’ajustement créateur. Mais l’idéal n’existe pas, et nous avons tous tendance à figer notre mode de contact dans certaines situations : plutôt que de laisser émerger la nouveauté, nous gardons nos vieilles façons de faire. C’est l’ajustement conservateur.

Prenons un exemple simple : un garçon emménage avec ses parents dans une rue où vivent peu de familles : il aimerait trouver des copains pour jouer mais il n’y en a pas. Pour ne pas s’ennuyer, il se plonge dans les livres. C’est un bel ajustement créateur ! L’année suivante il déménage dans un quartier vivant où il pourrait se faire plein d’amis, mais il continue à lire et ne sort pas : l’ajustement créateur est devenu conservateur.

Une thérapie de l’ici et maintenant

Ce mode de contact, nous allons l’observer ensemble, praticien et client : à travers ce que vous allez apporter de vos problématiques dans votre environnement à vous, mais aussi à travers l’interaction entre nous, pendant la séance.
Plutôt que de nous concentrer sur le pourquoi du passé, nous allons regarder le comment du présent : nous allons être attentifs à ce que vous vivez, là, avec moi, et comment certaines choses de votre histoire vont se rejouer entre nous. En Gestalt, il n’y a pas d’inconscient au sens freudien, un univers inaccessible, qui nous gouverne malgré nous ; mais nous allons nous efforcer de rendre conscientes des choses qui ne l’étaient pas auparavant, pour pouvoir construire ensemble un sens à votre histoire. 

Une thérapie du sentir

Dans notre monde survolté, où nos sens sont sur-sollicités, beaucoup d’entre nous ne disposons plus du temps nécessaire pour que nos émotions et nos sentiments puissent émerger et se réguler. En thérapie, il est urgent de ralentir ! Un des enjeux majeurs de la Gestalt-thérapie est d’aider le client à se connecter à ses ressentis. Le thérapeute est très impliqué, profondément connecté à ce qu’il ressent lui-même au contact de la personne en face de lui ; il peut éventuellement s’en ouvrir, pour l’aider à sentir. Cette qualité de présence du thérapeute, et tout le travail qu’il a déjà fait sur lui, soutiennent le client pour l’amener à être plus présent lui aussi. 

Plus le client se sent en sécurité, soutenu par le thérapeute, plus il va pouvoir explorer en profondeur tout ce qui constitue son expérience, et travailler à faire émerger à la conscience des émotions oubliées ou réprimées, et que l’on va pouvoir libérer ; des représentations limitantes qu’on va questionner et au besoin déconstruire ; des désirs cachés ou encore naissants. Gordon Wheeler, grande figure de la Gestalt-thérapie aux Etats-Unis, la décrit ainsi en ces termes inspirants : « une thérapie enfin basée sur la façon dont oeuvrent vraiment nos processus humains en intégrant nos passions les plus profondes et nos préoccupations les plus pressantes en des solutions les plus créatives que permettent les soutiens disponibles dans le champ intérieur/extérieur du moment présent ».

Deux remarques importantes : d’une part, une attention toute particulière est portée à la relation thérapeute/client. De nombreuses méta-études ont montré que, indépendamment du type de thérapie entrepris, c’est la qualité de cette relation qui soigne ! D’autre part, la Gestalt est particulièrement salutaire pour nous, Français. Le bain culturel cartésien dans lequel nous trempons depuis des siècles met l’intellect et la pensée au coeur de l’expérience, avant le contact, avant le ressenti. Descartes voyait l’Homme isolé, indépendant, “maître et possesseur de la nature”. Préfigurant les découvertes des neurosciences du XXIème siècle, la Gestalt souligne à quel point l’être humain est en relation permanente avec son environnement, naturel et social, et comment il se co-construit dans cette interaction, à la fois comme individu (depuis la naissance et pendant sa croissance) et comme espèce (depuis la nuit des temps et avec l’évolution). Elle rompt aussi avec la dualité cartésienne corps/esprit, également à l’œuvre en France ; pour elle, nous ne sommes pas des « homonculus », des petits bonshommes à l’intérieur de nous-mêmes qui pilotons l’automate qu’est notre corps. Nous sommes des organismes intégrés, complexes, extrêmement perceptifs, profondément sociaux, qui ne peuvent exister qu’en relation avec leur environnement. 

En pratique 

Nous allons nous retrouver toutes les semaines ou deux fois par mois, nous asseoir et parler. Il est possible que je vous propose des expérimentations : essayer une certaine posture ou faire des exercices corporels pour voir comment s’incarne physiquement votre mode de contact ; dessiner ou écrire un conte pour pouvoir faire émerger des représentations ou des ressentis nouveaux. Nous allons être plutôt dans l’observation et l’expérimentation que dans l’analyse, et nous ouvrir aux différents pans du vécu : l’imaginaire, le cognitif, le sensoriel, l’émotionnel… en quelque sorte, réconcilier la tête, le cœur et le corps ! 

La durée d’une Gestalt-thérapie est variable. Elle dépend de ce que vous venez y chercher : si vous êtes confronté.e à des difficultés passagères, contextuelles, ou si vous faites face à des choix de vie difficiles, un soutien thérapeutique de quelques semaines ou mois peut suffire. Si vous souhaitez dépasser des blocages qui vous handicapent depuis longtemps, ou changer en profondeur la façon dont vous faites l’expérience du monde, la thérapie peut durer deux ou trois ans, parfois plus.

Thérapie d’enfant


Les raisons pour entreprendre une thérapie d’enfant sont nombreuses et je ne les détaillerai pas ici. Les parents peuvent être témoins des difficultés de leur enfant ou en éprouver eux-mêmes, et ce sont généralement eux qui vont entamer la démarche ; dans certaines occasions, l’enfant en exprimera lui-même le besoin. Les thérapies d’enfant sont généralement brèves : dans la plupart des cas, une dizaine de séances tout au plus suffit pour que l’enfant retrouve le chemin d’une croissance heureuse.

En fonction de leur âge et de leur personnalité, les enfants ont une capacité plus ou moins développée à s’exprimer, à nommer leurs émotions et leurs sentiments, à mettre en mots ce qu’ils vivent. Pour certains, la porte d’entrée de la thérapie sera, comme pour les adultes, la parole ; pour d’autres, ce sera le jeu. Les enfants sont très au contact de ce qu’ils vivent, et sous peu que le thérapeute leur en laisse le temps et la possibilité, ils trouveront le moyen d’exprimer leurs préoccupations ou leurs souffrances, leurs peurs ou leurs désirs, ce qui leur manque ou ce qui les encombre. Leur force de vie et leur élan de croissance sont si puissants qu’avec le soutien adapté, ils retrouvent leur capacité à s’ajuster créativement à leur environnement.

En pratique, la thérapie débute par une première rencontre, en présence des parents et, en fonction de son âge, l’enfant. Il est très important que la démarche de thérapie soit soutenue par les deux parents : les enfants ont un grand sens de la loyauté, et si l’un des parents a des réticences vis-à-vis de la démarche thérapeutique, l’enfant le sentira et aura des difficultés à s’engager pleinement dans le processus. J’ai toujours une grande admiration pour les parents qui entreprennent une thérapie d’enfants : il faut une sacrée dose de courage pour oser se dire “mon enfant ne va peut-être pas bien en ce moment, je me sens démuni.e” et demander de l’aide !